À Béchar, l’heure de chaque prière est déduite d’un ensemble de paramètres astronomiques : date du jour, position géographique (31,61667° N ; −2,21667° E) et fuseau horaire Africa/Algiers. L’intensité de la lumière crépusculaire au matin (Fajr) et au soir (Isha) dépend directement de la latitude ; la longueur du jour varie donc sensiblement entre l’hiver et l’été, bien que la ville se situe loin des latitudes où les crépuscules deviennent problématiques. Au cœur de l’été, les nuits sont plus courtes, ce qui rapproche l’horaire d’Isha de celui de Fajr, tandis qu’en hiver ces deux prières s’étalent davantage.
Influence de la latitude de 31,6° N sur Fajr et Isha
À Béchar, le Soleil atteint des angles de –18 ° (ou –17 °, selon la méthode choisie) bien avant qu’il ne se lève réellement à l’horizon. Cet angle négatif correspond au début de l’aube astronomique et sert de référence au calcul de Fajr. Plus on se déplace vers le nord, plus il devient difficile de définir cet instant en été, car les crépuscules se chevauchent. Située à une latitude modérée, Béchar ne rencontre pas ce problème ; néanmoins, la durée des nuits d’été descend parfois sous les 9 heures, ce qui réduit le temps disponible entre Isha et Fajr, surtout pour ceux qui souhaitent prier Qiyam ou prendre le Suhur. En hiver, l’intervalle nocturne s’allonge et Fajr arrive plus tard.
L’heure d’Isha, pour la plupart des méthodes employées en Algérie, est aussi déterminée par l’angle du Soleil (–17 ° ou –18 °). L’atmosphère sèche du Sahara offre un horizon net ; les calculs basés sur l’angle correspondent donc assez fidèlement à l’observation réelle, sans nécessiter de corrections complexes.
Différence dans le calcul de l’heure d’Asr : école hanafite vs malikite/chaféite
Asr se définit en observant la longueur de l’ombre projetée après le Dhuhr. Deux conventions principales existent :
- Méthode standard (malikite, chaféite, hanbalite) : Asr commence lorsque la longueur de l’ombre d’un objet atteint sa taille réelle (ombre = hauteur).
- Méthode hanafite : Asr débute lorsque l’ombre atteint le double de la taille de l’objet (ombre = 2 × hauteur).
À latitude égale, la différence entre ces deux repères est généralement de 40 à 70 minutes à Béchar, selon la saison. Les fidèles suivant l’avis hanafite prieront donc Asr plus tard que ceux qui adoptent l’avis majoritaire maghrébin (malikite). Les deux horaires sont proposés par de nombreux calendriers afin que chacun puisse choisir en connaissance de cause.
Comment la longitude influe sur l’heure précise du coucher du Soleil
Le méridien de Béchar (≈ −2,22°) se situe à l’ouest du méridien de Greenwich. Comparée à Alger (≈ 3,05° E), Béchar voit le Soleil se coucher environ 20 minutes plus tard toute l’année, car chaque degré de longitude représente quatre minutes de temps solaire. C’est pourquoi un voyageur quittant Béchar vers l’est constatera un Maghrib plus précoce, alors qu’en se déplaçant vers l’ouest (Tindouf, par exemple) il priera quelques minutes plus tard. Ces écarts ne relèvent pas d’une divergence de calcul mais de la rotation terrestre ; le Soleil atteint l’horizon ouest plus tard pour les localités plus occidentales.
Méthodes de calcul (MWL, UOIF, Grande-Bretagne) et leur usage en France
Plusieurs organismes ont publié des jeux de paramètres pour déterminer Fajr et Isha ; les plus répandus en Europe francophone sont :
- MWL (Muslim World League) : angles –18 ° pour Fajr et –17 ° pour Isha.
- UOIF/Grande Mosquée de Paris : angles –12 ° pour Fajr et –12 ° pour Isha, optimisés pour les hautes latitudes françaises afin de réduire les difficultés estivales.
- Grande-Bretagne (London Unified Prayer Times) : angle –18 ° pour Fajr et un délai fixe (90 ou 120 min) pour Isha en été au-delà de 48 ° N.
En Algérie, le ministère des Affaires religieuses suit un jeu d’angles proche du MWL, ce qui est aussi le choix le plus cohérent pour Béchar étant donné que la ville n’est pas concernée par les longues crépuscules boréales. Cependant, un Musulman voyageant en France ou en Belgique peut remarquer des horaires différents pour les mêmes dates ; cette disparité s’explique par le passage à des angles réduits (–12 °) ou à un temps fixe après Maghrib afin de préserver une durée de nuit convenable. Il est donc normal de voir plusieurs calendriers coexister ; l’essentiel est de connaître la méthode employée et de s’y tenir pour éviter la confusion.