Position du soleil et crépuscules astronomiques : comment Fajr est exactement calculé
Le début de la prière du Fajr est lié à l’apparition de la faible lueur qui se forme à l’horizon est, bien avant le lever du soleil. D’un point de vue astronomique, il s’agit du moment où le centre du Soleil se situe à un angle donné sous l’horizon ; on parle de « dépression solaire ». Les écoles de jurisprudence et les organismes de calcul ont retenu différents angles ; le plus répandu dans le monde musulman est –18 °. C’est le paramètre adopté par la Méthode de la Ligue Mondiale Islamique (MWL). Lorsque les algorithmes appliquent cet angle à la date du jour, aux coordonnées de Ben Mehidi (latitude 36,76967 ° N, longitude 7,90641 ° E) et au fuseau horaire « Africa/Algiers », ils obtiennent l’instant précis où débute Fajr.
Le fait que Ben Mehidi se trouve autour de 37 ° de latitude implique des durées d’ensoleillement assez contrastées : les nuits sont nettement plus courtes en été qu’en hiver. Plus la nuit est courte, plus Fajr et Isha « se rapprochent » du lever et du coucher du soleil. Ainsi, en plein été, l’intervalle entre Isha et Fajr peut descendre à quelques heures seulement, alors qu’en hiver il s’allonge nettement.
Qu’est-ce que le Chourouk et pourquoi il est important de terminer Fajr avant cette heure
Le terme « Chourouk » désigne le lever apparent du Soleil. Techniquement, c’est le moment où le bord supérieur du disque solaire touche l’horizon. Les textes prophétiques indiquent qu’après ce point, la prière de Fajr n’est plus valable. Il faut donc impérativement accomplir Fajr avant l’heure du Chourouk, matérialisée ici par le shortcode : .
Confondre Fajr et Chourouk est fréquent : la lueur du crépuscule grandit rapidement et, à l’œil nu, il peut être difficile de savoir si l’on a encore le temps. Les horaires calculés servent précisément à éliminer ce doute. Par ailleurs, le temps du Dhuhr ne commence pas immédiatement après Chourouk, mais seulement lorsque le Soleil passe le zénith, soit en milieu de journée solaire. Chaque période garde ainsi son identité :
- Fajr : de l’aube astronomique jusqu’au Chourouk ;
- Dhuhr : du zénith jusqu’au début d’Asr ;
- Asr : de la longueur de l’ombre choisie jusqu’au coucher ;
- Maghrib : dès que le disque disparaît derrière l’horizon ;
- Isha : lorsque la lueur rouge du couchant s’estompe totalement.
Différence entre les méthodes de calcul (MWL, UOIF, Grande-Bretagne) et leur utilisation en France
Plusieurs organismes publient des paramètres de calcul destinés à être utilisés partout dans le monde. Les plus mentionnés en Europe francophone sont :
MWL (Muslim World League)
Angle –18 ° pour Fajr et Isha. C’est la méthode par défaut de nombreux calendriers et applications. Elle offre des horaires relativement proches de l’observation au Maghreb.
UOIF / Grande Mosquée de Paris
L’Union des Organisations Islamiques de France (aujourd’hui « Musulmans de France ») et la Grande Mosquée de Paris utilisent pour l’Hexagone l’angle –12 ° pour Fajr et Isha, issu de travaux d’adaptation au contexte européen. Ce choix avance Isha et retarde Fajr d’une dizaine de minutes par rapport à MWL.
Grande-Bretagne (ISNA UK, Birmingham, etc.)
Au Royaume-Uni, une partie des mosquées emploie un angle –15 ° ou bien applique un décalage fixe, par exemple 90 minutes après Maghrib pour Isha. Ces adaptations répondent à l’allongement inhabituel des crépuscules au-delà de 50 ° de latitude.
En France métropolitaine, la convention UOIF/Grande Mosquée de Paris est la plus répandue. Mais dans les régions plus proches de l’Algérie ou dans la communauté nord-africaine, on rencontre souvent la méthode MWL, parfois considérée comme plus conforme aux habitudes locales. Dans tous les cas, chaque méthode reste valide tant qu’elle repose sur un raisonnement juridique et sur l’observation astronomique.
Pour Ben Mehidi, située bien au-dessous de 48 ° N, les différences entre MWL et UOIF se limitent généralement à quelques minutes ; elles ne changent pas l’ordre des prières. L’important est de choisir un référentiel et de s’y tenir afin de préserver la régularité de la ‘ibada.